À bord d'Orion, les quatre astronautes d'Artemis II ont entamé la phase la plus délicate de leur trajectoire lunaire. Cette prouesse scientifique et spatiale continue de nous faire rêver, même si la mission ressemble à notre quotidien, entre toilettes en panne et Outlook capricieux. La mission la plus ambitieuse de la NASA depuis cinquante ans n'échappe pas aux tracas les plus ordinaires.

Les membres d'équipage d'Artemis II, Jeremy Hansen, Reid Wiseman, Christina Koch et Victor Glover, répondent aux questions des journalistes lors de la première liaison descendante de leur mission - ©NASA
Les membres d'équipage d'Artemis II, Jeremy Hansen, Reid Wiseman, Christina Koch et Victor Glover, répondent aux questions des journalistes lors de la première liaison descendante de leur mission - ©NASA

La capsule Orion a quitté l'orbite terrestre basse. Artemis II, premier vol habité du programme lunaire américain depuis Apollo 17, navigue désormais vers la Lune avec quatre astronautes à son bord, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen. L'injection translunaire s'est exécutée sans problème, et le vaisseau enchaîne ses corrections de trajectoire avec la précision que l'on attendait d'une architecture conçue pendant des décennies. Pourtant, deux incidents ont déjà forcé l'équipage à improviser, comme pour rappeler qu'on n'est jamais bien loin de la Terre, même à 406 841 kilomètre de la planète Bleue.

Une capsule Orion conçue pour ne rien laisser au hasard

L'avionique d'Orion fonctionne en triple redondance. La navigation autonome calcule les corrections orbitales sans attendre les instructions terrestres, ce qui est indispensable quand la latence des communications avec le sol atteint plusieurs secondes. La protection thermique doit quant à elle encaisser une rentrée atmosphérique à près de 40 000 km/h au retour.

Chaque système embarqué a été pensé pour fonctionner seul, en boucle fermée, dans un environnement au sein duquel personne ne peut venir changer un ordinateur qui plante ou un appareil en panne.

C'est d'autant plus ce qui rend chaque défaillance plus lourde à gérer qu'au sol. Quand quelque chose cloche à 300 000 kilomètres de la Terre, l'équipage doit alors composer avec ce qu'il a.

Outlook et les toilettes : des pannes comme à la maison, mais en orbite

Ce qui ne devait pas arriver est pourtant arrivé. Peu après le départ, ce sont les toilettes qui ont mobilisé l'équipage après qu'un petit voyant les a alerté d'un dysfonctionnement. Kristina Koch, seule femme à bord, a contacté Houston et tout s'est résolu en quelques heures, a rassuré la NASA. Mais comme dans l'espace, la gestion des déchets mobilise des dispositifs à dépression complexes, l'équipage a dû s'adapter pendant quelques heures et utiliser les poches de secours prévues pour remplir les fonctions premières des membres d'Artemis II.

L'autre pépin est venu du logiciel. Outlook, intégré dans l'environnement de communication d'Orion, a produit des erreurs répétées qui ont perturbé les échanges internes à l'équipage. Reid Wiseman, commandant de la mission, a contacté Houston depuis Orion : « J'ai deux Microsoft Outlook, et aucun des deux ne fonctionne ». Mission Control a pris la main à distance sur l'ordinateur et réussi à rouvrir l'application.

De quoi finalement garder les pieds du Terre.